2 mois de labo à London ?

  • Le boulot !

Mon stage est différent de l'Arizona sur bien des points. Tout d'abord pour l'ambiance au labo. Je n'ai pas l'impression d'être lâché en plein désert avec comme seul guide un autre novice. Les premières semaines, j'ai eu quasiment mon sujet clef en main ! La première rencontre avec Dave (mon tuteur) ne s'est pas achevée par une promesse d'un projet sur la corrosion des électrodes en neurochirurgie (qui ne pointera jamais le bout de son nez) mais par le prêt d'une documentation résumant les publications qui ont été faites depuis le début autour de mon sujet. Il n'y a pas que sur le plan théorique que j'ai été beaucoup plus soutenu. Derrick d'abord, puis Dimitrij, étaient là dès que mon ancienneté faisait défaut pour résoudre certaines situations : commander des nouveaux produits, refaire une électrode ou encore faire des photocopies. En Arizona, Raj découvrait ces choses-là comme moi, alors tout était remis à plus tard. Je me sens beaucoup plus proche de ce que l'on me demande et du coup il est  plus facile de prendre des initiatives.

 

Ici, finies les réunions au petit bonheur la chance de 15' dans le lobby du labo  avec seulement Raj et Srini en short. Même si l'ambiance est détendue, c'est "group meeting" à 1:30 tous les mardis, avec à chaque fois une bonne quinzaine de personnes et cela pendant au moins 1h ! Ensuite, toutes les 2 semaines rebelote, avec cette fois les personnes qui travaillent de près ou de loin sur l'Uranium pour se tenir au courant les uns les autres de l'évolution de notre travail. Autant dire que 4 semaines sans résultats passeraient tout de suite moins inaperçues qu'à Tucson!


Au final, je ne pense pas que Srini était moins disponible que Dave, mais je pense que les étudiants et le groupe qui l'entourent créent cette différence. A London, les gens admirent réellement Dave et tout le monde se considère chanceux de travailler avec lui. A Tucson, Raj comme un collégien était véritablement terrorisé à chaque fois qu’on s'apprêtait à rencontrer notre professeur... Bon, en même temps, c'était toujours pour lui dire que ça ne marchait pas.

 

  • L'université

Comme la neige, les mini-jupes et les décolletés sont tombés pour être remplacés pas manteaux de ski et cols roulés... Ça change ! Pour le midi, c'est un peu le même système qu'à Tucson où des marques de restauration rapides prennent les choses en main (et non pas de RU!). Au canada, l'inévitable du genre est Tim Horton (genre de Starbuck coffée mixé à un subway). Je ne sais pas combien de cafés, sandwichs et pâtisseries sont vendus par jour, mais ça se compte en tonnes de gobelets et emballages usagés sur le campus! Au labo, personne n'a envisagé de ramener une cafetière alors que tout le monde a sa tasse thermos pour aller chercher le thé, le café ou la "french vanilla" au Tim Horton du coin (et oui il y en a 4 sur le campus... au moins).

 
Une grosse partie des étudiants viennent grâce au bus qui pénètre jusqu’au fin fond du campus. Après m'être fait piquer le vélo au retour de Toronto, je me suis retrouvé tout seul avec mes belles baskets pour me frotter au bitume jusqu'au labo. Un matin, je demande à François (ou récemment Frankie selon Cody) s'il peut me prêter son bus-pass dont il ne se sert pas. Après m'avoir confirmé qu'il ne regarde pas vraiment la coïncidence des numéros entre carte d'étudiant et pass je m'en vais, confiant, avec ce beau papier vert à 80$.

En montant je sens l'entourloupe quand la conductrice arrête le type devant moi pour re-regarder son pass. Bon, trop tard pour faire demi-tour, je joue le bluff et ça ne loupe pas, elle me prend mes 2 cartes pour je suppose regarder ça de plus près et en même temps, arrache, un morceau de ce qui sert habituellement de titre de transport. À ce moment-là je me dis bon bah c'est cool elle va juste me faire payer un ticket! Euh, j'ai commencé à sortir le "howowowoh" quand elle a noté mon numéro d'étudiant et a confisqué le pass. Bon le coup du gars qui vient de France et qui n'a qu'une de ses deux cartes (eh oui parce qu'il en a une, car il étudie et une, car il travaille aussi dans un labo) n'a pas trop marché.

Roh…. Vie de merde, qu'est-ce que je vais dire à Frankie... Bon, j'ai passé la journée à réfléchir à la manière de récupérer le pass sans griller le fait que j'ai tenté de squeezer illégitimement mon kilomètre de marche sous la pluie. Pas une mince affaire... Alors obligé d'envoyer un gros bobard par mail à la compagnie de bus. L'idée, c'est que c'est Frankie qui aurait pris le bus, et pas moi ! Après avoir acheté des tickets de hockey (oui, oui, les détails comptent) nous aurions interverti par mégarde nos cartes d'étudiant et ce gros malin ne s'en serait rendu compte que devant la conductrice... Bon et bah apparemment après un second interrogatoire poussé sur place, Frankie a enfin récupéré son beau papier vert. La prochaine fois, j'userai mes chaussures un peu plus longtemps...

 



Article ajouté le 2008-11-20 , consulté 51 fois

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